Milie Coquille
l'escargotte qui semait du safran sur les étoiles.....

-Dis Milie ! ! pourquoi tu poudres les étoiles de safran ???
-Parce que, tu vois ! ! Il est grand temps de remettre... dans tout ça ! !
De la folie, de la couleur, des épices, il est grand temps de ré enchanter l'univers....

vendredi 28 février 2014

Viens, partons ! Là ! Maintenant !


Chapitre 6



Elle marchait dans le parc avec Constance, pour l'instant celle-ci ne disait rien, elle attendait que les émotions s'apaisent, elle attendait le juste moment. Deux jours ! Deux jours qu'ils étaient à Courtelaine.... Heures hors du temps, irréelles emplies d'abattements, péripéties, émotions, doutes, surprises, déceptions, espoirs, qui se télescopaient dans sa tête à une vitesse folle.
Tout était tellement compliqué et elle était devenue si fragile. Elle s'était tout de suite nichée dans ce cocon fait de l'affection et de la douce sollicitude de Marie, de l'amitié joyeuse, pétillante et colorée de Constance et aussi il fallait le dire de l'amour de Jean. Car il l'aimait, de cela elle ne pouvait douter. Il l'aimait et n'avait certainement jamais aimé qu'elle. Et cet amour l'enveloppait d'une aura rassurante. Mais il y avait un Mais, un Mais infranchissable, un Mais fait de déception, de chagrin et de colère. Bien sur il la tranquillisait et elle était bien en sa présence mais aucun élan ne la poussait vers lui. Pas une fois elle n'avait ressenti le besoin de ce geste qu'elle aimait tant autrefois, celui de passer la main dans ses cheveux.
Comme tout cela était triste et bien loin des retrouvailles dont elle avait si longtemps rêvé. Sa vie avait pris tellement de virages inattendus qu'elle en était totalement perdue.
En plus de l'infidélité de Jean avec la fin de son amnésie était revenu le souvenir le plus perturbant qui soit, celui de l'agression dont elle avait été victime il y a dix huit ans. Quelquefois ces deux évènements l'envahissaient tellement qu'elle en aurait presque souhaité replonger dans l'amnésie. Son agression, cette simple seconde qui avait tout fait basculer. Elle revoyait parfaitement la scène. Marianne lui disant "Jean t'attend près du parapet, fais vite il doit s'envoler pour Barcelone" alors, comme chaque fois qu'il était question de Jean, elle n'avait pris le temps de rien, elle avait couru, couru, cœur léger, sourire aux lèvres.. Plus que quelques mètres et elle serait dans ses bras, dans son odeur, dans sa force. Un bruit de course derrière elle, Jean ? elle se retourna, vit le sourire mauvais de Marianne eut le temps d'apercevoir qu'elle tenait un énorme bâton et le trou noir. L'immense trou noir de dix huit ans. La jalousie et la haine lui avait fait tout perdre, son histoire d'amour, cette confiance immense qu'elle avait dans la vie et les autres et un quart de son existence. En début d'après midi, elle avait pu enfin d'une voix hachée raconter cette sordide histoire à Jean, Marie et Constance. Elle avait vu peu à peu, au fil de son récit, les visages se décomposer sous l'effet de l'horreur, de la  colère, du chagrin. Jean était totalement ravagé, il avait épousé cette chose monstrueuse, ce démon à l'origine de tout ça.... "Ma Cousette", une fois encore ce nom lui avait échappé. Elle le regarda, à cet instant elle su qu'il se haïssait et elle ne pu rien faire pour l'aider. Marie avait fermé les yeux  et un léger mouvement de ses lèvres montrait qu'elle s'était réfugié dans la prière pour ne pas sombrer. Constance joua alors parfaitement son rôle de femme forte. Elle distribua des ordres, car elle savait que seule l'action les sortirait de la vision d'épouvante où le récit de Brinette, qu'ils aimaient tant, les avaient plongés.
"Jean, entre ce que tu as accumulé comme éléments et documents divers au cours de ces années et le récit de cette agression, on a cette fois suffisamment de preuves pour faire arrêter tout le clan. Tu fonces à la gendarmerie, il faut d'urgence les mettre hors d'état de nuire. Marianne, après ton abandon et la fuite de Brinette, demeure plus que jamais un énorme danger."
"Marie, la meilleure façon de faire face, même si l'on n'a qu'une envie, celle de se mettre en boule dans un coin,  c'est de mettre du beau du bon dans nos vies, alors tu vas dans le cellier, tu choisis les plus belles de tes pommes et tu nous fais la meilleure des tartes tatins de toute ton existence.
"Brinette, ma Brinette je n'aime pas dévoiler mes voyances, mais là j'ai des choses à te dire, alors allons faire quelques pas dans le parc"
Jean, qui n'avait qu'une envie celle de serrer encore et encore Brinette dans ses bras, comprit à quel point ce droit, il l'avait perdu. Marianne était une amante experte, pleine d'inventivité et totalement dénuée de tabou et dans la douleur du décès de Brinette, il s'était souvent, les premiers temps de leur union perdu dans les voyages de plaisir qu'elle lui offrait sans aucune retenue. Pendant plusieurs mois, il était devenu totalement accro à leurs ébats et même s'il n'éprouvait aucun sentiment ni respect pour Marianne il se réfugiait très souvent dans le plaisir toujours renouvelé offert pas son corps, celle ci, devant une telle fougue, avait cru à son amour et pensait avoir gagné sur toute la ligne. Souvent après l'amour, elle revivait avec jubilation le moment où son coup de massue avait fait basculer Brinette au dessus du parapet, ce moment si précieux qui lui permettait aujourd'hui d'être dans les bras de Jean, de jouir de son corps et de porter son nom. Le seul bémol c'est que l'on n'avait jamais retrouvé le cadavre. Mais fortune et relations aidant, elle avait pu organiser de fausses funérailles. Quand Jean était revenu de Barcelone, où elle l'avait habilement envoyé pour quelques jours, sous couvert de renseignements précieux à récupérer pour le clan. Les scellés sur le cercueil étaient posés, effondré il n'avait pu qu'assister à la sépulture de son grand amour, soutenu par une Marianne dévouée, douce, présente et tellement triste d'avoir perdu son amie Brinette. Le reste pour elle n'avait été que questions de temps, de manipulation de sensualité et il était tombé dans le piège de ce cœur calculateur même si lui non plus n'était pas totalement clair dans cette affaire, puisqu'en fait l'amour de Marianne lui avait permis de s'infiltrer au cœur du clan pour en connaître au mieux les plans, les secrets et les méandres. Mais il s'était quand même vautré avec volupté dans les caresses de ces mains assassines. C'est un homme empli d'une haine immense envers lui et le clan qui entra ce jour là dans le commissariat de Périgueux.

Quelques heures plus tard, devant la gravité des faits, un vaste coup de filet fut organisé sur toute la région du Nord Pas de Calais, les arrestations se succédèrent à une vitesse folle. Mais lorsque les gendarmes de Lille arrivèrent dans la belle demeure de Marianne pour l'interpeller, ils n'en crurent pas leurs yeux. Les murs, les sols, les plafonds, tout était tagué de cette seule inscription "Violette", ce mot était répété à l'infini, en gros en petit en majuscule et minuscule... A l'aide de crayons, pinceaux, feutres, peinture, le tout décliné en mille couleurs. Au milieu de cet ahurissant spectacle une femme, cheveux hirsute, nuisette mauve froissée et tachée, regard allumé et qui, ne leur laissant pas placer un mot leur dit.
"Vous devez être les membres du jury,  je vous attendais. Comme vous devez le savoir, je m'appelle Violette Violette...  Ce n'est pas commun vous l'avouerez, je vous explique, mes parents m'ont prénommée Violette et comme j'ai épousé Monsieur Violette je m'appelle Violette Violette, c'est charmant n'est ce pas  ? J'ai déjà été élue reine des violettes et là maintenant que vous, membres du jury êtes là, je vais pouvoir commencer ma prestation pour être élue Déesse des Violettes mais il est tellement évident que je vais gagner, êtes vous prêts ?? Oui ! Allons-y. Et alors que les gendarmes s'approchaient d'elle pour l'embarquer elle se mit à faire quelques pas de danse en chantant "L'amour est un bouquet de violeeeeeeeeeeeeeettes....." Elle fut admise en urgence au centre hospitalier spécialisé. Le personnel, pourtant habitué aux personnes les plus fantasques n'en revint pas de cette personne qui non seulement se croyait être une violette mais de plus est, la Déesse des violettes...
La si puissante Marianne, fille adorée du Sénateur Vermet, venait de sombrer dans la folie....

A Courtelaine, Brinette et les autres, bien installés près de la cheminée qui offrait un magnifique feu d'espoir, dégustaient, malgré tout, la meilleure tarte de leur vie, Constance regarda Brinette, celle-ci hocha la tête en signe d'accord. Alors Constance leur raconta cette vision incroyable.....

16 commentaires:

  1. Eh bien milie drole d'histoire !!! Mais pourquoi avoir choisi le Nord -Pas -de Calais pour situer cette folle violette.....moi cela me déprime lorsque l'on donne une mauvaise image de mon coin.....alors milie dis-moi que dans ce coin de France il n'y a pas que des gogoles ...cette ŕegion qui a un coeur pour logo et un accueil chaleureux je l'aime tellement ......allez vite milie offre nous une fin heureuse a cette surprenante histoire de Brinette

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    1. Oh pas de souci, sur de sur qu'elle est belle ta région, et sur de sur aussi que des mauvaises personnes et des belles personnes il y en a de partout....... Attends la suite et tu verras.....il y aura plein de surprises à plein d'endroits....Bisous et à mardi pour la suite...
      Beau week end à toi

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  2. Cette folie en couleurs est délirante, mais pas impossible; elle me plaît bien, cette scène, tu nous entraînes et on a envie de savoir la suite............
    Attention ,je sais que tu y es attentive, mais j'ai relevé plusieurs fautes; impossible là de m'en souvenir sauf de celle-ci notées en majuscules (tu me pardonnes, hein? c'est pour t'aider!
    exemples (tu es fâchée avec les négations? C'est que tu n'aimes pas refuser....)
    "en sa présence mais aucun élan ne la poussait vers lui. Pas une fois elle N' avait ressenti le...."
    ""Marie, la meilleure façon de faire face, même si l'on N' a qu'une envie, celle de se mettre en...."
    Ce sont juste des petits cailloux sur une route qu'on suit volontiers....ET ça prouve mon attention !
    Continue, Mapie, bon week-end!!!

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    1. Oh la la mille mercis Anne ! ! T'en vouloir ??? tu plaisantes je suis ravie que tu ais fait la relecture que j'ai zappée..... L'urgence ce n'est pas mon truc..... Une Escargotte qui se dépêche ça n'existe pas, ça n'existe pas.......
      Je fonce rectifier tout cela....
      Merci merci

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  3. Ah oui,( j'en rajoute une couche, je m'enfonce, je patauge!) a la fin, tu écris VISON".........Cette petite bête a encore mis son nez partout!!! :)
    Mapie, surtout ne m'en veux pas, j'arrête mon chapelet et de faire le vieux prof tatillon!!

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    1. Je suis donc ta dernière élève ???? N'arrête jamais, le monde souffre d’imprécision.....
      Et dans son art on n'est jamais trop "tatillon"

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  4. Merci Milie... à suivre je suppose encore, au plaisir, bonne nuit, jill

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  5. Ah tu es revenue et Brinette aussi...j'espère maintenant qu'elle n'aura pas une indigestion de tarte tatin et qu'elle ne va pas nous faire languir u e semaine de plus !

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    1. Non non ! D'ici mardi beaucoup de choses devraient être réglées......

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  6. Bonjour millie, j'attends toujours avec une grande impatience la suite, j'aime énormément! bisous et bonne journée MTH

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    1. Merci mais toi tu es toujours toute adorable....je sais je l'ai déjà dit mais c'est tellement vrai...
      Joli dimanche

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  7. malgré ma pause tu penses bien que je ne pouvais pas rater cette suite...le plus difficile va être d'attendre le récit de " la vision" ...:-)

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    1. Mardi mon Eglantine, mardi.....
      Belle belle journée à toi

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  8. Et qui c'est qui a failli rater un épisode???
    Oh! quelle traînarde cette Passion... qui s'est engluée dans un magma d'amour filial et maternel...un partage tellement présent en ce premier jour...
    Mais tu es venue et tu m'as parlé si doucement que j'ai du m'endormir sur mon beau souvenir.
    J'arrive, je lis, je relis... c'est beau Milie!!!
    Périgueux ... c'est pas loin de chez nous... c'est beau aussi, historique, vert, paysan au sens noble, et pour répondre à Gigi 62 toutes les régions sont belles, ont leurs attraits, et nous les défendons avec convictions tant on les aime... il faut bien que tu situes ton histoire quelque part....
    Vite Milie enfin( à ton rythme d'Escargotte) fais nous rêver et voyager dans ces contrées, derrière les volets pour satisfaire notre soif d'aventures !
    Bisous tout doux

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  9. J'aime "Un magma d'amour filial et maternel" j'aime quand tu racontes ta fille....
    J'aime aussi je dois le dire tes lasagnes aux côtes de blettes... Elles m'ont fait rêver, d'un repas partagé dans la chaleur de l'amitié....
    Bref j'aime quand ça émane de toi
    T'as vu ! Le rythme de l'Escargotte s'est accéléré..... Il y a déjà la suite.....
    Bisous belle soirée

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