Milie Coquille
l'escargotte qui semait du safran sur les étoiles.....

-Dis Milie ! ! pourquoi tu poudres les étoiles de safran ???
-Parce que, tu vois ! ! Il est grand temps de remettre... dans tout ça ! !
De la folie, de la couleur, des épices, il est grand temps de ré enchanter l'univers....

mardi 11 février 2014

Viens, partons ! Là ! Maintenant !

 (Les trois premiers chapitres sont )

Ce soir là, lorsque Marianne franchit la porte de leur maison, Jean était comme à son habitude enfermé dans son bureau. Il avait fait de cette pièce son lieu de vie, muraille infranchissable, espace de tous les évitements. Généralement elle en était blessée, mais pour une fois, elle ne s'en formalisa pas, bien au contraire, cela arrangeait parfaitement ses plans.
Presque tout était en place, elle avait dévalisé sa parfumerie habituelle en n'achetant que des choses inhabituelles, bain moussant, crème onctueuse, bougies mauves et tendrement odorantes, élixir précieux, le tout bien sur à la violette. Puis s'était arrêté chez "Voile de Désir" où elle avait déniché un sublime déshabillé arachnéen couleur... violette. Pour parfaire le tout, un petit tour chez "Brillon" le meilleur pâtissier de leur région, justement réputé pour ses tatins. Elle pressentait que tout allait être parfait, oui c'était le mot : parfait. Cette pauvre folle en plus de l'information si précieuse du parfum de violette lui avait donné  le sésame de la tarte tatin.
Plus qu'une heure, une heure de rituel de beauté, de stratégie amoureuse et enfin il serait vraiment à elle, oui cette fois elle le tenait...grisé par son parfum il entendrait enfin tout l'amour qu'elle avait à lui offrir, il verrait à quel point ils se désiraient l'un et l'autre et, désespéré par toutes les années perdues, il lui donnerait le meilleur pour essayer de rattraper les caresses, la tendresse, la passion. Elle imaginait déjà les réveils langoureux après des nuits si sensuelles qu'elles en seraient sans sommeil. Durant toutes ces années de frustration où il ne l'avait pas touchée, elle avait inventé les gestes les plus osés, les harmonies de corps les plus extrêmes. Il allait voir ce qu'on appelait l'amour, il allait ressentir ce qu'on appelait le plaisir, l'extase.... A tout cela s'ajouteraient croisières, séjours dans les endroits les plus huppés de la planète, soirées au théatre ou à l'opéra, repas dans les palaces, bref tout ce qu'il n'avait pas voulu jusqu'à ce jour.... Et toute la jet set verrait enfin comme elle était une femme aimée.

Jean attendit un long moment après que la porte de la chambre de Marianne eut claqué pour sortir de son repaire.  Et là juste là, à peine la porte de son bureau franchie un choc inimaginable et d'une violence inouïe le laissa sans souffle, des flashes lui brouillèrent la vue alors que son cerveau se refusait à toute analyse, sa poitrine se mit à le brûler, ses jambes n'avaient plus aucune force, il avait l'impression de se liquéfier. Il essaya de respirer calmement mais en vain.
Pour la première fois depuis 18 ans il venait de respirer l'odeur de sa Brinette, l'odeur surannée et tant aimé de violette et la secousse émotionnelle qui s'en suivait le rendait inapte à tout.
Ce parfum lui disait tant de choses, l'amour intense qu'il avait toujours pour elle. Sa faiblesse, face aux caresses expertes et consolatrices de Marianne qu'il n'avait pas su repousser lorsqu'il était au fond de la souffrance. Mais plus grave et tout à la fois plus merveilleux. Ce parfum venait de lui dire qu'elle était en vie, que l'horreur de sa mort était un leurre, un complot visant à les séparer pour préserver la partie sombre du "Secret" et à le faire tomber dans les bras de Marianne. Mais comment avait il pu être aussi faible, aussi peu à la hauteur de cet amour exceptionnel ? Depuis 18 ans tous les jours un bouquet de violette à la main, il allait sur la tombe de son amour alors qu'elle était en vie mais surtout depuis 17 ans il était marié avec une autre, avec leur pire ennemie.
"Si un jour la vie nous sépare, mon Jean, si je suis dans l'incapacité de te rejoindre alors... Alors pour te rassurer, pour te faire savoir que je t'aime toujours autant, je te ferai parvenir le parfum des violettes" Il avait rit à l'époque "Pourquoi et comment veux tu que quelqu'un soit assez fort et pervers pour nous séparer ?" Mais elle avait insisté "Je te le redis mon Jean, je te ferai parvenir le parfum des violettes".
Tout se mêlait dans sa tête, la joie de la savoir vivante mais aussi la colère et la haine contre lui mais aussi contre Marianne et son clan.
Se croyant veuf, voulant préserver la partie lumineuse du secret et aussi par faiblesse, il avait épousé leur pire ennemi
Surtout ne pas croiser cette harpie ce soir, il ne pourrait pas se contenir et mettrait Brinette en danger. Surtout faire comme de si de rien n'était, mais pour cela il lui fallait du temps, reprendre son calme, élaborer un plan, dévier les soupçons. Il griffonna un mot qu'il savait cruel et qu'il posa sur le guéridon de l'entrée "je sors, je mange avec une amie, ne m'attends pas". Avant de sortir il passa par la cuisine, il avait besoin d'un grand verre d'eau et là, deux jolies tartes tatins posées sur des assiettes au design prétentieux confirmèrent cette incroyable nouvelle et attisèrent sa haine pour Marianne, pour ne pas exploser les assiettes en mille morceaux, il se hâta de sortir et s'enfonça dans le soir pour une nuit qui n'allait pas être simple. Dans sa chambre Marianne venait d'enfiler son déshabillé mauve dont la douceur sur sa peau nue attisa le désir qu'elle avait de Jean.
Le destin qui décidément ce jour là n'en pouvait plus des complots et des mensonges, mit un indice droit dans les pieds de Jean, juste devant la voiture de Marianne il vit une enveloppe qu'elle avait du faire tomber sans s'en apercevoir tout à l'affolement de ses préparatifs. Jean ramassa l'enveloppe et l'ouvrit.  "Chère madame...  Veuillez trouver ci-joint votre contrat de travail au sein de notre clinique spécialisée..." Deuxième choc, Brinette était malade et Marianne qui n'avait aucun besoin de travailler avait été jusqu'à se faire embaucher pour mieux la surveiller. Il ne posait jamais de question sur son emploi du temps, mais effectivement depuis quelques jours elle était plus absente de la maison, il s'en était réjoui, s'il avait su ! !
Alors sans réfléchir il monta dans sa voiture et alla chercher Brinette, il ne savait pas et ne voulait savoir rien d'autre que cette évidence... "La retrouver avant que Marianne ne pique sa colère à la frustration de son absence et à ce mot qu'il avait écrit dans la hâte et le tumulte des émotions. Il la connaissait et aux mots "Je mange avec une amie" elle allait devenir folle et risquait de  se venger sur Brinette.
Dix huit kilomètres sans réfléchir, en pilote automatique, dix huit kilomètres à rester fixé sur la seule priorité "la retrouver avant" Heureusement, il connaissait bien l'endroit, il avait un ami bouquiniste juste à côté de la clinique. C'était terrible il venait s'acheter des livres à 200 mètres de l'endroit où était enfermé Brinette, depuis quand ? non pas de question, surtout pas. De l'action, de l'efficacité. Deux virages avant d'arriver à la clinique, une silhouette avec deux valises posées près d'elle attendait sous un l'abri bus, une silhouette qu'il aurait reconnue entre mille, son cœur explosait et pourtant calmement il arrêta la voiture à sa hauteur, ouvrit la portière se saisit des deux valises et jugulant son envie de la prendre dans ses bras dit juste.
"Monte tu es en danger, on parlera plus tard, mais je t'en supplie monte..."
(à suivre)

18 commentaires:

  1. Oh la la, le drame se noue, la tension monte, on veut savoir la suite...................Bon, j'avoue que lire ainsi est perturbant, il faut parfois remonter en arrière. ah un bon livre de Mapie sous la couette...Je suis trop accro au papier, ej vais devoir me désintoxiquer!!!Bisous, la belle "on parlera plus tard"!

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    1. Oui je te comprends, mais ce n'est qu'une nouvelle, une entre deux, la pensée du mardi...
      ou alors la déposer là, d'un seul coup, après le point final ??
      Bisous du soir

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  2. Merci pour cette suite que j'attendais ! c'est vrai qu'on a envie de connaitre la suite mais en patientant vous nous proposez aussi de bien belle choses, donc merci pour tout ça...
    Amitié Cécile D.

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    1. Merci Cécile pour la gentillesse de ces mots qui, forcément me touchent....
      belle et douce soirée

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  3. Je rejoins un peu Anne, faut me remémorer l'avant... mais on y arrive on lisant la suite... merci Mapie, suspense, suspense... quand tu nous tiens ! A suivre, volontiers, bises du soir, jill

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    1. Comme je l'ai déjà dit, c'est comme dans les épisodes des magazines d'antan....
      Mille bisous et douces pensées à toi.

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  4. Bonjour Millie ou plutôt bonsoir, cette histoire, quelle histoire, tout y est l'écriture si belle qui fait naître les images, je crois sentir le parfum de violette, quel suspens, je me régale Bonne soirée bisous MTH

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    1. J'adore réellement le parfum des violettes, j'irais vivre à Toulouse juste pour lui....
      Bisous Marie et belle soirée

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  5. Oh comme j'aime cette histoire, le suspens, l'intensité des émotions.... Je vais patienter mais c'est dur, ne nous fait pas languir trop longtemps!
    Bisous doux

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    1. Promis ma Corinne, je sais que tu attends déjà avec impatience ta petite fille alors je ne vais pas rajouter à cela une trop longue attente....
      Plein de bisous à toi et ta Tribu ! !

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  6. Une jolie fleur sur une peau de vache...ou plutôt une peau de vache déguisée en fleur !!! eh bien on comprend Jean pas d'hésitation.. laisser là cette folle et vilaine bête et partir vite retrouver ce doux cet inoubliable ce magique ce vrai parfum de violette...ah Mapie on devine la suite...chez toi les histoires d'amour finissent toujours bien en général ..Alors a bientot oui pour ces incroyables retrouvailles de la St Valentin que l'on souhaite a nos deux amoureux.....

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    1. Oh mais la suite n'est pas encore sortie de ma tête d'Escargotte alors ??? Va savoir ma Régine ce qu'il y a dans le cœur et la tête de nos deux voyageurs ????
      On attend ! !
      Bisous

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  7. C'est tellement joli... quelle belle évasion ! vite, la suite !!
    Titise

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    1. Oh merci... Oui ils paraissent adorables comme cela notre Jean et surtout notre Brinette mais ! ! !
      Bientôt, bientôt la suite
      Belle soirée et merci

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  8. Et la suite sera pour le 14 février???
    J'attends encore avec impatience et délice aussi ... la fin de cette histoire ne saurait être triste?! hein Milie, hein?
    mais le "Jean" trop facile... faut quand-même le punir un peu d'avoir été si faible... hein Milie, hein...? et pourquoi "la Marianne"? hein? le secret ...AIE! je suspecte encore d'autres épisodes....
    Bisous Milie

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    1. Mais non, le 14 février je m'occupe de mon amoureux à moi... en plus j'ai une AG ce soir là, franchement mettre une AG le jour de la St Valentin il y en a vraiment qui n'ont pas le sens de l'essentiel ???
      Pshiiiiiiiiiiiiit mais je me suis promis de filoter vite vite et ensuite petite soirée tranquille en amoureux ! !
      Bisous à toi

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  9. Les violettes ...Milie je vais te confier un secret mais promis tu ne dis rien à personne...lorsque nous étions jeunes amoureux .....les violettes étaient AUSSI notre fleur ...c'était le temps ou nous allions en février nous promener éh oui aussi nos bécoter dans un champ plein de violettes ...les constructions ont remplacé les violettes...mais chaque année j'ai droit à un bouquet de violettes bien que ça devienne de plus en plus difficile à trouvé de par chez moi...avec tout ça j'attends la suite....j'adore ton texte et ta façon de raconter ...

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    1. J'adore que l'on retrouve des bribes des sa propre histoire dans les lignes que j'écris... ça me touche à chaque fois...
      Elle est belle ton histoire de violettes...et même si les constructions ont remplacé les violettes, dans ton cœur, elles ne faneront jamais...
      Je dois dire que j'adore l'odeur des violettes et que c'est ma fleur préférée....
      Merci aussi de tes mots.
      Douce et belle soirée à toi ! !

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